{"id":9895,"date":"2005-04-04T00:00:00","date_gmt":"2005-04-03T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/localhost:53809\/?p=9895"},"modified":"2005-04-04T00:00:00","modified_gmt":"2005-04-03T22:00:00","slug":"le-petit-mas-interview-philippe-bruguiere","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/jeanclaude-diruocco.fr\/?p=9895","title":{"rendered":"LE PETIT MAS &#8211; Interview Philippe Brugui\u00e8re"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><strong>LA MUSIQUE, L&rsquo;AMITI&Eacute; ET LE SUD<br \/><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><span class=\"Apple-style-span\" style=\"font-weight: normal;\"><strong><span class=\"Apple-style-span\" style=\"font-weight: normal;\"><strong>ART SUD&nbsp;<br \/><\/strong>2&egrave;me Trimestre 2005<\/span><\/strong><\/span><br \/><span class=\"Apple-style-span\" style=\"font-weight: normal;\"><em><strong><br \/>Le studio &ldquo;Le Petit Mas&rdquo; a vu le jour &agrave; Martigues au d&eacute;but des ann&eacute;es 80. C&rsquo;&eacute;tait alors une cabane de jardinier, un lieu attach&eacute; &agrave; l&rsquo;histoire d&rsquo;un groupe &ldquo;Lorele&iuml;&rdquo;, form&eacute; par des lyc&eacute;ens. En 1991, Philippe Beneytout (Fifi) et Philippe Brugui&egrave;re (Bru), depuis le d&eacute;but instigateurs de l&rsquo;aventure, cr&eacute;ent une soci&eacute;t&eacute; de production et d&rsquo;&eacute;dition. Depuis, ces deux passionn&eacute;s ont fait du Petit Mas un studio r&eacute;f&eacute;rence de la musique r&eacute;gionale, puis nationale. Fifi est un ing&eacute;nieur du son reconnu et recherch&eacute;. Il tourne avec &ldquo;I&rsquo;am&rdquo;, la &ldquo;Fonky Family&rdquo; entre autres. Bru est un musicien avant tout (trois albums &agrave; son actif). Pour ces artisans du son, le mat&eacute;riel de pointe et la technologie doivent &ecirc;tre mis au service d&rsquo;une v&eacute;ritable identit&eacute; sudiste, celle-l&agrave; m&ecirc;me qui transpara&icirc;t au travers de leurs productions.<\/strong><\/em><\/span><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><span class=\"Apple-style-span\" style=\"font-weight: normal;\"><em><strong>T&eacute;moin privil&eacute;gi&eacute; et acteur du foisonnement artistique sudiste, Philippe Brugui&egrave;re nous parle du Petit Mas et des r&eacute;alit&eacute;s d&rsquo;un m&eacute;tier-passion, refuge ultime de la libert&eacute; pour cet autodidacte.<\/strong><\/em><\/span><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Quelles sont les principales difficult&eacute;s que vous rencontrez Fifi et toi.<br \/><\/strong>Elles tiennent &agrave; l&rsquo;activit&eacute; du studio proprement dite. On a une &eacute;norme concurrence des gens qui travaillent chez eux. Maintenant, avec un PC, tu peux enregistrer un album et faire des succ&egrave;s mondiaux, comme Moby par exemple. Mais le gros probl&egrave;me c&rsquo;est la concurrence des collectivit&eacute;s locales. Il y a, sur la r&eacute;gion, des studios qui ont pignon sur rue. Ces structures commerciales se heurtent &agrave; la concurrence du Conseil R&eacute;gional o&ugrave; de certaines villes qui trouvent normal de mettre des studios &agrave; la disposition des gens. C&rsquo;est bien qu&rsquo;il y ait des structures dans les quartiers qui puissent accueillir des groupes de jeunes. Ce qui est beaucoup moins normal, c&rsquo;est qu&rsquo;il y ait des professionnels qui viennent travailler l&agrave;-dedans. C&rsquo;est pourtant ce qui se passe. De plus ces studios sont tr&egrave;s bien &eacute;quip&eacute;s et tournent parfois avec des employ&eacute;s communaux, ils n&rsquo;ont donc aucun probl&egrave;me de rentabilit&eacute; et ne rencontrent aucune difficult&eacute; pour l&rsquo;achat du mat&eacute;riel.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Est-ce qu&rsquo;il y a une orientation musicale particuli&egrave;re au &ldquo;Petit Mas&rdquo; ?<br \/><\/strong>Non, ni sur l&rsquo;activit&eacute; d&rsquo;enregistrement proprement dite, ni sur nos productions.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Quel sont les crit&egrave;res qui motivent vos choix ?<br \/><\/strong>Le principal c&rsquo;est le facteur humain, la rencontre avec un mec&hellip; Tu aimes ce qu&rsquo;il fait, il gal&egrave;re&hellip; Et puis, il faut que &ccedil;a cadre avec notre savoir faire. Il y a des choses qu&rsquo;on sait faire et d&rsquo;autre qu&rsquo;on ne sait pas.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>En tenant compte de l&rsquo;importance de l&rsquo;argent pour une structure comme la v&ocirc;tre, les coups de c&oelig;ur sont-ils encore possibles ?<br \/><\/strong>Pour ce qui est de nos productions, &ccedil;a a toujours &eacute;t&eacute; des coups de c&oelig;ur, on n&rsquo;est jamais rentr&eacute; dans un syst&egrave;me en se disant &nbsp;&ldquo;&Ccedil;a va pas nous co&ucirc;ter cher, on va en vendre beaucoup&hellip;&rdquo; C&rsquo;est certainement une erreur, mais on est de tr&egrave;s mauvais commerciaux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>La passion avant tout ?<br \/><\/strong>Bien s&ucirc;r. Le dernier album qu&rsquo;on a produit, c&rsquo;est celui de Toko Blaze. Aujourd&rsquo;hui, il est fini, on a de tr&egrave;s bons contacts pour le placer. On est heureux parce que c&rsquo;est un artiste super qui a un beau disque &agrave; pr&eacute;senter. Si demain &ccedil;a accroche avec un label suffisamment gros et que &ccedil;a p&egrave;te la baraque, tant mieux, sinon ce disque aura au moins le m&eacute;rite d&rsquo;exister parce que &ccedil;a nous plaisait.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Puisque l&rsquo;on est dans la passion, quel est pour toi le souvenir le plus marquant rattach&eacute; &agrave; l&rsquo;histoire du &ldquo;Petit Mas&rdquo; ?<br \/><\/strong>Plus qu&rsquo;un souvenir en particulier, ce qui est marquant c&rsquo;est que l&rsquo;on s&rsquo;est retrouv&eacute; quand m&ecirc;me &agrave; travailler avec des artistes qui ont des envergures internationales, des gens comme Linton Kwesi Johnson, une star du reggae mondiale, un mec qui a un pass&eacute; extraordinaire. Un jour, &agrave; deux heures de l&rsquo;apr&egrave;s midi, on l&rsquo;a vu d&eacute;bouler ici alors que, quand on avait quinze ans, on &eacute;coutait ses disques.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Quelles sont les tendances musicales qui se d&eacute;tachent le plus aujourd&rsquo;hui au niveau des petites productions ?<br \/><\/strong>Ce qui est vrai pour un studio ne l&rsquo;est pas forc&eacute;ment pour un autre. &ldquo;Le Petit Mas&rdquo;, lui, a &eacute;t&eacute; rattach&eacute; depuis 1987 au Hip-Hop. C&rsquo;est d&ucirc; &agrave; notre rencontre avec un groupe de minots qui allaient devenir &ldquo;I&rsquo;am&rdquo;. Philippe Beneytout, mon associ&eacute;, travaille toujours avec eux en tourn&eacute;e comme ing&eacute;nieur du son, moi &eacute;galement comme r&eacute;alisateur et musicien sur certains projets. C&rsquo;est une longue collaboration qui nous a amen&eacute;e toute la sc&egrave;ne Hip Hop marseillaise, puis nationale et internationale. On a des groupes espagnols, allemands, italiens, suisses qui viennent parce qu&rsquo;ils aiment le son du Hip Hop marseillais. &ldquo;Le Petit Mas&rdquo; a &eacute;t&eacute; depuis tr&egrave;s longtemps rattach&eacute; &agrave; cette image-l&agrave;. L&rsquo;inconv&eacute;nient c&rsquo;est qu&rsquo;ils y a des gens qui font du rock par exemple et qui n&rsquo;osent pas venir.&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>&ldquo;Le Petit Mas&rdquo; n&rsquo;est pas seulement le bastion du Rap ?<br \/><\/strong>Non, on fait d&rsquo;autres choses, l&rsquo;Album de Kanjar&rsquo;oc, entre autre, qui est vraiment un groupe de rock.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Pour beaucoup, le Rap &agrave; force de revendiquer, de d&eacute;noncer finit par s&rsquo;auto-parodier. Tous ces artistes ont-ils un v&eacute;ritable souci revendicatif comme on a pu le voir dans les ann&eacute;es 60-70 ?<br \/><\/strong>C&rsquo;est la m&ecirc;me chose, mais au-del&agrave; du c&ocirc;t&eacute; revendicatif il y a un truc qui est tr&egrave;s fort, c&rsquo;est qu&rsquo;on avait perdu le sens du texte et qu&rsquo;ils l&rsquo;ont ramen&eacute;&hellip; L&rsquo;importance des mots, du poids des mots, pas seulement le contenu qu&rsquo;il soit revendicatif ou social. C&rsquo;est vraiment eux qui ont ramen&eacute; &ccedil;a, pour moi c&rsquo;est la plus grosse force du mouvement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Toi qui travailles avec de &ldquo;vrais gens&rdquo; et surtout en tant qu&rsquo;artiste, que penses-tu du d&eacute;ferlement des stars jetables du style &ldquo;La nouvelle Star&rdquo; qui monopolisent l&rsquo;attention des m&eacute;dias ?<br \/><\/strong>C&rsquo;est une &eacute;mission de t&eacute;l&eacute;vision. &Ccedil;a n&rsquo;a rien a voir. il n&rsquo;y a pas de d&eacute;bat en fait. Comment savoir ce qui est vrai ou pas&hellip; Samedi, je suis all&eacute; voir Cali et je me suis r&eacute;gal&eacute;, j&rsquo;ai vu un mec qui a gal&eacute;r&eacute; 15 ans et lui c&rsquo;est un vrai artiste. Les minots de la t&eacute;l&eacute;, je ne me pose pas la question. Ce n&rsquo;est pas le m&ecirc;me m&eacute;tier&hellip;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Le t&eacute;l&eacute;chargement de titres sur le net, pour ou contre ?<br \/><\/strong>Je suis plut&ocirc;t pour. Simplement il faut trouver le bon moyen pour r&eacute;mun&eacute;rer les artistes. Quand tu vas manger dans un restaurant, tu &eacute;coutes de la musique, le propri&eacute;taire paie une taxe &agrave; la Sacem, donc, je pense qu&rsquo;un fournisseur d&rsquo;acc&egrave;s doit lui aussi payer cette taxe.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Va-t-on vers une mort annonc&eacute;e des petits labels ?<br \/><\/strong>C&rsquo;est plut&ocirc;t la mort des gros. Avant, au niveau mondial, il y avait quinze majors, maintenant ils sont quatre, ils fusionnent mais les labels qui sont sous leur coupe sentent que le vent tourne. On en voit d&eacute;j&agrave; qui pr&eacute;f&egrave;rent retrouver leur ind&eacute;pendance pour survivre. C&rsquo;est vraiment une grosse mutation due aux nouvelles technologies, Internet et compagnie&hellip;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Avant de nous quitter. Je sais que tu pr&eacute;pares ton nouvel album&hellip;<br \/><\/strong>Oui, mon groupe s&rsquo;appelle &ldquo;Portobello&rdquo;, nous pr&eacute;parons un album de rock qui est presque termin&eacute;, on l&rsquo;enregistre &ldquo;live&rdquo; &agrave; l&rsquo;ancienne en prise directe. On va commencer les concerts d&egrave;s cet &eacute;t&eacute;.<\/p>\n<p> <!--EndFragment--><\/p>\n<p><span class=\"Apple-style-span\" style=\"line-height: 12px;\"><em><span class=\"Apple-style-span\" style=\"font-family: Verdana; line-height: normal; font-size: 8px;\">Jean-Claude Di Ruocco<\/span><\/em><\/span><\/p>\n<blockquote style=\"background-color: #e0e0e0; opacity: 0.8; padding-top: 10px; padding-right: 15px; padding-bottom: 10px; padding-left: 15px; margin: 20px;\">\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify;\"><strong>LE PETIT MAS &#8211; &nbsp;Production &#8211; &Eacute;dition<\/strong><br \/>2, Avenue Georges Braque &#8211;&nbsp;13500 Martigues &#8211;&nbsp;T&eacute;l. : 04 42 49 23 29<br \/>Site : www.lepetitmas.com &#8211;&nbsp;Mail : info@lepetitmas.com<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>LA MUSIQUE, L&rsquo;AMITI&Eacute; ET LE SUD ART SUD&nbsp;2&egrave;me Trimestre 2005Le studio &ldquo;Le Petit Mas&rdquo; a vu le jour &agrave; Martigues au d&eacute;but des ann&eacute;es 80. C&rsquo;&eacute;tait alors une cabane de jardinier, un lieu attach&eacute; &agrave; l&rsquo;histoire d&rsquo;un groupe &ldquo;Lorele&iuml;&rdquo;, form&eacute; par des lyc&eacute;ens. 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