ART SUD – Numéro 58
3eme Trimestre 2007
En 1806, afin d’échapper à l’anarchie et à la violence qui ont fait de Saint-Domingue une véritable poudrière, Julien Delacour, s’installe dans une petite île avec sa compagne et ses enfants. C’est de ce havre de paix, proche du cap français et de l’île de la tortue, que ce naturaliste nous raconte son histoire. Elle commence en 1790, lorsqu’il quitte la France pour les colonies, véritable Eldorado pour les planteurs et les négriers qui bâtissent des fortunes sur la souffrance des esclaves. Les roses noires de Saint-Domingue sont ici celles de la révolte d’un peuple opprimé, qui fleurissent sur les cendres de rébellions avortées, comme celle de l’esclave Makandal, brûlé vif avec ses hommes. Notre héros arrive juste au moment où, en métropole, l’assemblé, portée par une espérance naît d’une révolution encore toute neuve, veut abolir l’esclavage et interdire l’abominable code noir. C’est un véritable tour de force que réussit Michel Peyramaure en nous délivrant cette superbe fresque historique où se mêle, dans une saga haletante, le grand souffle de l’histoire, l’émotion et l’aventure. Un livre indispensable pour qui veut mieux comprendre l’esclavage et les mécanismes qui ont peu à peu emmené à une véritable guerre ouverte entre la France révolutionnaire et l’immense armée des noirs épris de liberté. L’auteur s’adonne à sa passion du romanesque avec une dextérité qui tient de l’équilibriste, car jamais la rigueur avec laquelle il relate les faits historique ne vient alourdir le récit. C’est à une magnifique mise en scène de l’histoire à laquelle il se livre aux travers de ces pages et ce, pour notre plus grand plaisir.
Jean-Claude Di Ruocco
395 pages – Presse de la Citée – 21 euros