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LES DIABOLIQUES DE MALDORME – Jean Contrucci

ART SUD – Numéro 61
2eme Trimestre 2008

Marseille, 1906. Le Notaire Théophile Deshôtels a été retrouvé pendu. Il n’en faut pas plus pour que Raoul Signoret, le « Rouletabille Marseillais » ne se lance dans une enquête encore plus captivantes que ses devancières. Jean Contrucci nous mitonne une énigme policière digne des grands feuilletonistes du début du XX° siècle. Ses personnages pittoresques nous entraînent à leur suite en une farandole provençale aux couleurs et aux parfums qui fleurent bon le patrimoine Marseillais. Cependant, si l’auteur sait mieux que quiconque user d’assaisonnements folkloriques et un peu caricaturaux, pour relever les festins auxquels ils invitent ses lecteurs, on sent virevolter entre les mots, toute la passion amoureuse qu’il éprouve pour cette ville turbulente. Chacune de ses descriptions est un hommage à ses habitants qui, en 1906 comme aujourd’hui, sont les acteurs de ce miracle permanent de la diversité, métaphore romantique d’une universalité propre à la cité phocéenne. Ceci dit, à l’image des précédentes aventures du fringant journaliste, celle-ci se savoure comme un bon repas au cabanon. La couleur du polar est le noir, c’est sa marque de fabrique, mais ici sa couleur est semblable à celle de ce sud éternel qui berce notre imaginaire, excessif jusque dans sa générosité, mâtiné de nostalgiques images et de ce « parlé » dont il ne reste à présent que des expressions pagnolesque. Au risque de sembler en faire trop, il faut dire pour conclure, que les polars baroques de Jean Contrucci sont avant tout des histoires à remonter le temps, à la rencontre de ces « ancêtres », hallucinants de vie, dont le sang coule dans nos veines.

Jean-Claude Di Ruocco

465 pages – JC Lattès – 15,50 euros

 

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